Dies ist eine HTML Version eines Anhanges der Informationsfreiheitsanfrage 'Submissions in joined Cases C-154/15, C-307/15 and C-308/15'.

 
Traduction 
C-307/15 - 20 
Observations de la Pologne 
Affaire C-307/15* 
Pièce déposée par:  
POLOGNE 
Nom usuel de l’affaire:  
PALACIOS MARTÍNEZ 
Date de dépôt:  
2 novembre 2015 
 
AU PRÉSIDENT ET AUX MEMBRES DE LA COUR DE JUSTICE DE 
L’UNION EUROPÉENNE 
OBSERVATIONS ÉCRITES DE LA RÉPUBLIQUE DE POLOGNE 
présentées,  au titre de l’article 23 du statut de la Cour,  dans  le cadre de la 
procédure préjudicielle dans les affaires jointes 
C-307/15 et C-308/15 Palacios Martínez e.a. 
 (juridiction nationale: Audiencia Provincial de Alicante – Espagne) 
Agent de la République de Pologne:  
Bogusław Majczyna 
Adresse pour les notifications: 
Ministerstwo Spraw Zagranicznych 
al. J. Ch. Szucha 23 
00-580 Warszawa – POLOGNE [Or. 2] 
 
* Langue de procédure: l’espagnol. 
 
FR 

AFFAIRE C-307/15 - 20 
I. OBJET DE L’AFFAIRE ET QUESTIONS PRÉJUDICIELLES 

Les  demandes  de décision préjudicielle dans les  affaires  C-307/15 et C-308/15 
Palacios Martínez e.a. ont été soumises par une juridiction espagnole (Audiencia 
Provincial de Alicante –  Espagne), qui examine les  recours  formés par des 
consommateurs  contre une banque,  en vue  de  faire constater la nullité d’une 
clause limitant les modifications du taux d’intérêt variable (la «clause plancher») 
figurant dans un contrat de prêt hypothécaire, en raison de son caractère abusif, 
ainsi que d’obtenir la restitution par la banque des sommes indûment perçues, à 
compter de la conclusion des contrats de prêt hypothécaire contenant cette clause. 

Il résulte des motifs du recours que le caractère abusif de la clause plancher ne fait 
pas de doute pour la juridiction de renvoi. Les doutes concernent toutefois le fait 
de savoir si la banque doit restituer au client les sommes perçues à la suite  de 
l’application de cette clause à compter du prononcé  de  la décision de justice 
constatant sa nullité, ou bien à compter de la conclusion du contrat de crédit. Ces 
doutes ont surgi notamment du fait  de la position adoptée par la juridiction 
suprême espagnole qui considère que la constatation de la nullité de la clause 
plancher ne devrait pas avoir d’effet rétroactif. 

La juridiction de renvoi considère toutefois que la limitation des effets de la 
décision constatant la nullité de la clause plancher peut être contraire à l’article 6, 
paragraphe 1, de la directive 93/13/CEE du Conseil, du 5 avril 1993, concernant 
les clauses abusives dans les contrats conclus avec les consommateurs1. 

Dans ces circonstances, la juridiction de renvoi soumet à la Cour les questions 
suivantes: 
1)  Est-il conforme au principe de l’absence de caractère contraignant [des 
clauses abusives] consacré à l’article 6, paragraphe 1, de la 
directive 93/13/CEE du Conseil, du 5 avril 1993, concernant les clauses 
abusives dans les contrats conclus avec les consommateurs que les effets 
restitutoires découlant de la constatation de la nullité, en raison de son 
caractère abusif, d’une «clause plancher» figurant dans un contrat de prêt 
ne rétroagissent pas à compter de la date de conclusion du contrat mais à 
compter d’une date ultérieure? 
2)  Le critère de bonne foi des milieux intéressés qui fonde la limitation de 
l’effet rétroactif [de l’annulation] d’une clause abusive est-il une notion 
autonome du droit de l’Union devant être interprétée de manière uniforme 
par l’ensemble des États membres? [Or. 3] 
3)  En cas de réponse affirmative, quels éléments doivent être pris en 
considération pour apprécier l’existence de la bonne foi des milieux 
intéressés? 
 1  JO L 95 du 21.4.1993, p. 29. 

 

PALACIOS MARTÍNEZ 
4)  En tout état de cause, le comportement du professionnel ayant conduit, lors 
de l’élaboration du contrat, au manque de transparence à l’origine du 
caractère abusif de la clause est-il conforme à la bonne foi des milieux 
intéressés? 
5)  Le risque de troubles graves qui fonde la limitation de l’effet rétroactif [de 
l’annulation] d’une clause abusive est-il une notion autonome du droit de 
l’Union devant être interprétée de manière uniforme par l’ensemble des 
États membres? 
6)  En cas de réponse affirmative, quels critères doivent être pris en 
considération? 
7)  Le risque de troubles graves doit-il être apprécié en ne tenant compte que 
du risque que le professionnel est susceptible de courir ou en prenant 
également en considération le préjudice causé aux consommateurs par 
l’absence de restitution intégrale des sommes versées au titre de cette 
«clause plancher»? 
8)  L’extension automatique de la limitation des effets restitutoires découlant de 
la nullité d’une clause «plancher», limitation prononcée dans le cadre d’une 
procédure engagée par une association de consommateurs contre 
[trois] établissements financiers, aux actions individuelles en nullité 
intentées contre une clause «plancher» en raison de son caractère abusif 
par des clients consommateurs ayant conclu un contrat de prêt hypothécaire 
avec d’autres établissements financiers est-elle compatible avec le principe 
d’absence de caractère contraignant envers le consommateur consacré à 
l’article 6, paragraphe 1, de la directive 93/13 et avec le droit à une 
protection juridictionnelle effective consacré à l’article 47 de la Charte des 
droits fondamentaux de l’Union européenne? [Or. 4] 
II. POSITION DE LA POLOGNE 
II.1. Première question 

De l’avis de la Pologne, la limitation dans le temps des effets de la décision 
constatant la nullité de la clause plancher est contraire à l’article 6, paragraphe 1, 
de la directive 93/13 et, plus généralement, aux buts de cette directive dans son 
ensemble. Ces buts consistent à rétablir l’équilibre entre les droits et obligations 
des parties à un contrat de consommation, équilibre rompu par l’introduction de 
clauses abusives dans ce contrat, ainsi qu’à prévenir la mise en œuvre de  ces 
clauses abusives figurant dans les contrats de consommation. 

La limitation dans le temps des effets d’une décision constatant la nullité d’une 
clause abusive non seulement ne permettrait pas le complet rétablissement de 
l’équilibre entre les droits et obligations des parties à un contrat de consommation, 
 
 


AFFAIRE C-307/15 - 20 
ce qui paraît évident, mais ne garantirait pas non plus de manière efficace leur 
non-application à l’avenir. 

Le but consistant à rétablir l’équilibre entre les droits et obligations des parties à 
un contrat de consommation est reflété plus particulièrement aux articles 3, 
paragraphe 1, et 6, paragraphe 1, de la directive 93/13.  Selon l’article 3, 
paragraphe 1, une clause d’un contrat n’ayant pas fait l’objet d’une négociation 
individuelle est considérée comme abusive lorsque, en dépit de l’exigence  de 
bonne foi, elle crée au détriment du consommateur un déséquilibre significatif 
entre les droits et obligations des parties découlant du contrat. Selon l’article 6, 
paragraphe 1, les clauses abusives figurant dans un contrat conclu avec un 
consommateur par un professionnel ne lient pas les consommateurs. L’obligation 
de rétablir la légalité est la conséquence logique de l’absence de caractère 
contraignant des clauses abusives pour les consommateurs. Toutefois, le 
rétablissement de la légalité ne sera pas entièrement possible dans le cas où les 
effets de la décision constatant la nullité d’une clause abusive sont limités dans le 
temps. Étant donné que l’élément essentiel d’une clause abusive est le fait qu’elle 
provoque un déséquilibre significatif entre les droits et obligations des parties à un 
contrat au détriment du consommateur, celui-ci subit déjà ce préjudice dès le 
moment où la clause abusive commence à s’appliquer. La limitation dans le temps 
des effets de la décision constatant la nullité de la clause abusive signifierait donc 
que le préjudice causé au consommateur avant le prononcé de cet arrêt ne sera pas 
réparé et, par conséquent, que le déséquilibre entre les droits et obligations  qui 
existait jusqu’à ce moment ne sera pas sanctionné. [Or. 5] 

Cette interprétation du but de la directive 93/13 est confirmée par la jurisprudence 
de la Cour. 

Dans l’arrêt  Pereničová  et  Perenič, la Cour a jugé que, eu égard à la situation 
d’infériorité de l’une des parties, l’article 6, paragraphe 1, de la directive 93/13 
oblige les États membres  à établir une réglementation dans le cadre de laquelle 
«les clauses abusives ne lient pas les consommateurs, dans les conditions fixées 
par leurs droits nationaux». Ensuite la Cour a conclu, en rappelant la jurisprudence 
antérieure dans ce domaine, qu’«il s’agit d’une disposition impérative qui tend à 
substituer à l’équilibre formel que le contrat établit entre les droits et obligations 
des contractants un équilibre réel de nature à rétablir l’égalité entre ces derniers» 2. 
10  Jusqu’à présent la Cour a toujours  tenu compte avant tout de la protection des 
consommateurs et c’est à la lumière de ce principe qu’elle a jugé si les solutions 
adoptées au niveau national permettaient le rétablissement de cet équilibre. Une 
telle approche peut être remarquée par exemple dans la jurisprudence relative à la 
compétence des juridictions nationales pour remplacer ou réviser  une clause 
contractuelle considérée comme abusive. 
 

Arrêt du 15 mars 2012, Pereničová et Perenič, C‑453/10, Rec, EU:C:2012:144, point 28. 

 

PALACIOS MARTÍNEZ 
11  Dans l’arrêt Banco Español de Crédito, la Cour a adopté la position selon laquelle 
l’article 6, paragraphe 1, de la directive 93/13 s’oppose à la réglementation d’un 
État membre qui permet au juge national, lorsqu’il constate la nullité d’une clause 
abusive dans un contrat conclu entre un professionnel et un consommateur, de 
compléter ledit contrat en révisant le contenu de cette clause 3. La Cour a expliqué 
que, s’il était loisible au juge national de réviser le contenu des clauses abusives 
figurant dans de tels contrats, une telle faculté serait susceptible de porter atteinte 
à la réalisation de l’objectif à long terme visé à l’article 7 de la directive 93/13, 
parce qu’elle contribuerait à éliminer l’effet dissuasif exercé sur les professionnels 
par la pure et simple non-application à l’égard du consommateur de telles clauses 
abusives 4. 
12  Comme l’a souligné l’avocat général Wahl 5, l’interdiction faite au juge national 
de réviser le contenu d’une clause qu’il qualifie d’abusive se réfère à l’hypothèse 
où, malgré  la suppression de la clause en question,  qui  revêt un caractère 
accessoire dans l’économie du contrat, celui-ci  peut  être exécuté sur [Or. 6]  la 
base des clauses restantes  et cette suppression ne s’avère pas préjudiciable au 
consommateur. 
13  Dans l’arrêt Kásler et Káslerné Rábai, la Cour a admis, par ailleurs, la possibilité 
de  substituer à une clause jugée abusive une disposition nationale à caractère 
supplétif. Encore une fois la Cour a visé la protection des consommateurs et a tenu 
compte de la prémisse pertinente dans cette affaire, selon laquelle, si la 
constatation de la nullité d’une disposition contractuelle abusive entraînait 
l’annulation  du contrat dans son ensemble, cela aurait  comme conséquence de 
rendre immédiatement exigible le montant du prêt restant dû. La Cour a remarqué 
que,  dans le cas où ce montant excéderait les capacités financières du 
consommateur, cela aurait des effets négatifs sur lui 6. 
14  En admettant cette possibilité, la Cour s’est référée au considérant 13  de la 
directive 93/13, en jugeant qu’on sait en tout état de cause que les dispositions qui 
doivent remplacer les clauses considérées comme abusives n’ont pas le caractère 
de telles clauses abusives 7. 
 

Arrêt du 14 juin 2012, Banco Español de Crédito, C‑618/10, Rec, EU:C:2012:349. 

Idem, point 69. 

Conclusions de l’avocat général Wahl dans l’affaire  Kásler  et  Káslerné  Rábai,  C‑26/13, 
Rec, EU:C:2014:85, point 96. 

Arrêt du 30 avril 2014, Kásler et Káslerné Rábai, C‑26/13, Rec, EU:C:2014:282, points 81 
à 84. 

En vertu dudit considérant,  les dispositions législatives ou réglementaires des États 
membres qui fixent, directement ou indirectement, les clauses de contrats avec les 
consommateurs sont censées ne pas contenir de clauses abusives; par conséquent, il ne 
s’avère pas nécessaire de soumettre aux dispositions de la directive 93/13/CEE les clauses 
qui reflètent des  dispositions législatives ou réglementaires impératives ainsi que des 
principes ou des dispositions de conventions internationales dont les États membres ou la 
Communauté sont partis; à cet égard, l’expression  «dispositions législatives ou 
 
 


AFFAIRE C-307/15 - 20 
15  Dans l’arrêt Unicaja Banco et Caixabank, la Cour a également été guidée par le 
besoin d’assurer la protection des consommateurs au niveau établi par les 
dispositions de la directive 93/13. Conformément à cet arrêt, en tout état de cause, 
les clauses introduites à la place des clauses abusives font encore l’objet d’une 
appréciation par les juridictions nationales en ce qui concerne leur caractère 
abusif 8. 
16  Dans la droite ligne de la jurisprudence précitée, il faut conclure que le niveau de 
protection des consommateurs prévu par la directive 93/13 exclut la possibilité de 
limiter dans le temps les effets de la décision constatant la nullité d’une clause 
contractuelle. Il résulte en fait de la jurisprudence susmentionnée de la Cour que la 
décision d’une juridiction nationale concernant une clause contractuelle abusive 
[Or. 7]  devrait tenir compte  de la protection des consommateurs,  autant  que 
possible dans les circonstances données, et ce n’est qu’à cette condition qu’on 
peut parler du rétablissement de l’équilibre  rompu  par l’application d’une 
condition contractuelle abusive par le professionnel au détriment du 
consommateur. 
17  L’objectif poursuivi par la directive 93/13, que nous avons mentionné plus haut, 
vient étayer l’interprétation proposée par la Pologne:  cet objectif exprimé à 
l’article 7 est en effet de «faire cesser l’utilisation des clauses abusives dans les 
contrats conclus avec les consommateurs par un professionnel». Selon la 
jurisprudence de la Cour, ce but exige une application des dispositions de la 
directive ayant pour effet de décourager l’application des clauses abusives. 
18  Le but consistant à décourager l’application des clauses abusives a été pris en 
considération par la Cour dans plusieurs arrêts. Par exemple, dans l’arrêt Unicaja 
Banco et Caixabank,  la Cour a jugé que, s’il était loisible au juge national de 
réviser le contenu des clauses abusives, une telle faculté serait susceptible de 
porter atteinte à la réalisation de l’objectif à long terme visé à l’article 7 de la 
directive 93/13.  La Cour a expliqué que cette faculté contribuerait à éliminer 
l’effet dissuasif exercé sur les professionnels par la pure et simple non-application 
à l’égard du consommateur de telles clauses abusives, dans la mesure où ceux-ci 
demeureraient tentés d’utiliser lesdites clauses, en sachant que, même si celles-ci 
devaient être invalidées, le contrat pourrait néanmoins être complété, dans la 
mesure nécessaire, par le juge national de sorte à garantir ainsi l’intérêt desdits 
professionnels 9. 
 
réglementaires  impératives»  figurant à l’article 1er,  paragraphe 2,  couvre également les 
règles qui, selon la loi, s’appliquent entre les parties contractantes lorsqu’aucun autre 
arrangement n’a été convenu. 

Arrêt du 21 janvier 2015, Unicaja Banco et Caixabank, C‑482/13, C‑484/13, C‑485/13 et 
C‑487/13, Rec, EU:C:2015:21. 

Arrêt du 21 janvier 2015, Unicaja Banco et Caixabank, C‑482/13, C‑484/13, C‑485/13 et 
C‑487/13, Rec, EU:C:2015:21, point 31 et jurisprudence citée. 

 

PALACIOS MARTÍNEZ 
19  Ainsi, ce raisonnement se réfère aux situations décrites dans les renvois 
préjudiciels. L’application par un professionnel de clauses contractuelles abusives, 
lui apportant des bénéfices au détriment du consommateur seulement pendant un 
certain temps (de la conclusion du contrat jusqu’à  la décision de la juridiction 
nationale constatant la nullité de la clause en question), serait en tout cas plus 
profitable pour lui que la non-application. Les entrepreneurs seraient même 
encouragés à appliquer les clauses abusives, conscients du fait que, 
indépendamment du caractère abusif de celles-ci, ils obtiendraient, dans une 
certaine mesure, des profits résultant de l’application de ces clauses. La réalisation 
de l’objectif à long terme établi à l’article 7 de la directive 93/13 pourrait donc 
être menacée par l’acceptation d’une autre interprétation que celle proposée par la 
Pologne. [Or. 8] 
II.2. La question de la limitation dans le temps des effets des arrêts constatant 
la nullité d’une clause abusive 
20  Eu égard à la réponse proposée à la première question, il n’est pas nécessaire de 
répondre aux autres questions. Toutefois, compte tenu de l’importance de la 
question de la limitation dans le temps des effets des arrêts des juridictions 
nationales, la Pologne souhaite attirer l’attention sur le fait que les critères 
appliqués par la Cour, lorsqu’elle se prononce sur la limitation dans le temps des 
effets de ses propres arrêts, ne sont pas appropriés pour statuer sur la limitation 
dans le temps des effets des arrêts rendus par les juridictions nationales, tel que 
celui de la présente affaire. 
21  La Cour n’a recours à cette solution que dans des circonstances bien précises: en 
premier lieu, lorsqu’il existe un risque de répercussions économiques graves dues 
en particulier au nombre élevé de rapports juridiques constitués de bonne foi sur la 
base de la réglementation considérée comme étant validement en vigueur, et, en 
deuxième lieu,  lorsque  les particuliers et les autorités nationales ont  adopté  un 
comportement non conforme au droit de l’Union en raison d’une incertitude 
objective et importante quant à la portée des dispositions du droit de l’Union 10. 
Ces circonstances tiennent compte du caractère particulier des décisions 
préjudicielles de la Cour et de leur portée pour un grand nombre de rapports 
juridiques conclus en vertu des dispositions du droit de l’Union qui font l’objet 
d’interprétation. 
22  Dans l’arrêt  Transportes Jordi Besora 11, la Cour a rappelé que l’interprétation 
qu’elle donne d’une règle de droit de l’Union, dans l’exercice de la compétence 
que lui confère l’article 267 TFUE, éclaire et précise la signification et la portée 
de cette règle, telle qu’elle doit ou aurait dû être comprise et appliquée depuis le 
moment de son entrée en vigueur, et a poursuivi en jugeant qu’«[i]l en résulte que 
 
10 
Arrêt du 23 octobre 2014, Schulz et Egbringhoff, C‑359/11 et C‑400/11, 
Rec, EU:C:2014:2317, point 58. 
11 
Arrêt du 27 février 2014, Transportes Jordi Besora, C‑82/12, Rec, EU:C:2014:108, 
points 40 à 41 et jurisprudence citée. 
 
 


AFFAIRE C-307/15 - 20 
la règle ainsi interprétée peut et doit être appliquée par le juge même à des 
rapports juridiques nés et constitués avant l’arrêt statuant sur la demande 
d’interprétation si, par ailleurs, les conditions permettant de porter devant les 
juridictions compétentes un litige relatif à l’application de ladite règle se trouvent 
réunies». 
23  À cet égard, les juridictions nationales doivent en principe interpréter le droit 
national transposant le droit de l’Union sans limitation dans le temps, sous réserve 
des seules limitations prévues dans l’arrêt de la Cour. [Or. 9] 
III. SOLUTION PROPOSÉE 
24  Eu égard aux arguments exposés ci-dessus, la Pologne propose à la Cour de 
donner la réponse suivante à la première question préjudicielle posée par la 
juridiction de renvoi: 
L’article 6, paragraphe 1, de la directive 93/13/CEE s’oppose à la limitation 
dans le temps des effets découlant de la constatation de la nullité  d’une 
«clause  plancher»  figurant  dans  un  contrat  de  prêt  hypothécaire,  et selon 
laquelle la restitution au consommateur des sommes perçues sur la base de 
cette clause est possible, non à compter de la date de conclusion du contrat, 
mais bien à partir d’une date ultérieure
Bogusław Majczyna 
Agent de la République de Pologne