Esta es la versión HTML de un fichero adjunto a una solicitud de acceso a la información 'Documents relating to Opinion 1/15 of the Court (Grand Chamber) of 26 July 2017'.

 
Traduction 
C-1/15 - 72 
Réponse de l’Espagne 
Affaire C-1/15* 
Pièce déposée par:  
Royaume d’Espagne 
Nom usuel de l’affaire:  
AVIS RENDU EN VERTU DE L’ARTICLE 218, 
PARAGRAPHE 11, TFUE 
Date de dépôt:  
1er mars 2016 
 
[Omissis] 

Par lettre du Greffe de la Cour n° 1012425.10 FR, du 5 février 2016, les parties 
ont été invitées à tenir compte des mesures d’organisation de la procédure 
ordonnées par la Cour et à s’y conformer. Il leur a été accordé un délai courant 
jusqu’au 25 février 2016 pour répondre par écrit à une série de questions posées 
par la Cour. 

Faisant suite à cette lettre, le Royaume d’Espagne a l’honneur d’apporter les 
réponses suivantes auxdites questions. [Or. 2] 
I. 
Réponse à la première question 

Le Royaume d’Espagne estime que les principes sur lesquels repose la doctrine 
résultant de l’arrêt Schrems C-362/14, EU:C:201S:650, s’appliquent à 
l’appréciation de la compatibilité du projet d’accord avec la Charte. De manière 
analogue, le Royaume d’Espagne estime que cette doctrine n’est pas nouvelle, 
puisque cet arrêt est compatible avec la jurisprudence antérieure de la Cour, 
 

Langue de procédure: le français, le bulgare, le tchèque, le danois, le grec, l’anglais, 
l’espagnol, l’estonien, le finnois, le croate, le hongrois, l’italien, le lituanien, le letton, le 
maltais, le néerlandais, le polonais, le portugais, le roumain, le slovaque, le slovène, 
l’allemand et le suédois. 
 
FR 











Demande d’avis présentée en vertu de l’article 218, paragraphe 11, TFUE – C-1/15 - 72 
S’agissant de l’article 6 du projet d’accord, la communication des données PNR 
et des informations analytiques aux autorités européennes n’affecte pas 
l’application du droit de l’Union, y compris son interprétation par la Cour. 
Aussi cette disposition n’a-t-elle pas en soi d’incidence  sur la forme de 
l’application du critère de la nécessité et de la proportionnalité de l’ingérence. 
Les conditions matérielles et de procédure seront celles prévues dans la législation 
concrète et les accords applicables, avec les garanties. 
20  Quant aux articles 18 et 19, nous réitérons les considérations exposées aux 
points 20 et 21 des présentes observations. 
VIII.  Réponse à la huitième question 
21  La huitième question a pour objet d’examiner si l’article 14, paragraphe 2, 
du projet d’accord peut être considéré comme garantissant effectivement un 
contrôle juridictionnel. Selon le gouvernement espagnol, l’article 14, 
paragraphe 2, adapte au contexte de l’accord la jurisprudence de le Cour sur les 
limites de l’autonomie procédurale des États pour garantir la protection des droits 
reconnus par le droit de l’Union. En ce sens, il convient de rappeler que l’on se 
trouve ici dans le contexte d’un État membre acceptant d’adapter son régime aux 
exigences du droit de l’Union. 
22  Selon la jurisprudence, en l’absence de normes de l’Union européenne 
réglementant  la reconnaissance d’un droit consacré par le droit de l’Union, 
il appartient au système juridique interne de chaque État membre  de désigner, 
conformément au principe de l’autonomie procédurale,  les autorités 
juridictionnelles compétentes et d’établir  les dispositions procédurales régissant 
les recours destinés à sauvegarder ces droits. Néanmoins, les États membres sont 
tenus de garantir que ces droits seront en tout état de cause protégés de manière 
effective. [Or. 9] 
23  La décision de l’autorité est régie par le droit national, à condition, toutefois, 
que celui-ci  ne soit pas moins favorable que les dispositions régissant les 
situations internes de nature analogue (principe d’équivalence) et que l’exercice 
des droits conférés par l’ordre juridique de l’Union ne soit pas rendu impossible 
en pratique ou excessivement difficile (principe d’effectivité). 
24  Le principe d’effectivité se trouve reflété dans la nécessité d’un recours effectif. 
Quant au principe d’équivalence, il exige que ce recours soit conforme au droit 
national canadien. 
IX.  Réponse à la neuvième question 
25  En neuvième lieu, la Cour demande dans quelle mesure le projet d’accord inclut 
des règles qui visent à faciliter la coopération entre les autorités judiciaires 
 
 


Demande d’avis présentée en vertu de l’article 218, paragraphe 11, TFUE – C-1/15 - 72 
ou équivalentes des États membres dans le cadre des poursuites pénales et de 
l’exécution des décisions aux fins de l’article 82, paragraphe 1, sous d), TFUE. 
À cet égard, il convient de souligner que, de façon accessoire et en relation avec le 
reste de l’accord, l’article 6 du projet régit la coopération policière et judiciaire. 
En ce qui concerne la coopération judiciaire, cette disposition fait référence à 
Eurojust et aux autorités judiciaires des États membres. 
X. 
Réponse à la dixième question 
26  Enfin, la Cour demande dans quelle mesure l’article 16 TFUE est susceptible de 
constituer une base juridique pour l’adoption de règles qui paraissent avoir trait 
à la collecte et au traitement de données à caractère personnel par des particuliers 
et par les autorités d’un État tiers et non par les institutions, organes et organismes 
de l’Union ou par les États membres dans l’exercice d’activités qui relèvent du 
champ d’application du droit de l’Union. 
27  S’agissant de cette question, le Royaume d’Espagne tient à souligner que 
l’article 16, paragraphe 2, TFUE ne se borne pas au traitement de données 
personnelles par les institutions, organes et organismes de l’Union ou par les 
États membres dans l’exercice d’activités qui relèvent du champ d’application du 
droit de l’Union. 
28  Il se réfère au contraire de manière expresse et différenciée à la libre circulation 
des données. La collecte et la transmission des données en vue de leur transfert 
à un État tiers est une [Or. 10] manifestation de la libre circulation des données. 
C’est ce qui ressort du fait que le chapitre IV de la directive 95/46/CE 
traite précisément du transfert des données aux pays tiers. 
29  Dans ce cas, la libre circulation des données est nécessaire pour le fonctionnement 
normal du marché intérieur.  Aussi le projet d’accord signale-t-il lui-même que 
[les parties] «pren[nent] acte de l’engagement de l’Union européenne de veiller à 
ce que les transporteurs aériens ne soient pas empêchés de se conformer au droit 
canadien en matière de transfert  au Canada de données PNR provenant de 
l’Union européenne en vertu du présent accord». 
30  Aussi, comme nous l’avons indiqué dans notre réponse à la deuxième question, 
le Royaume d’Espagne  se montre très préoccupé des conséquences pratiques 
qu’aurait la non-participation du Danemark, de l’Irlande ou du Royaume-Uni 
sur l’aptitude  de  l’accord prévu à réaliser les objectifs qu’il poursuit. 
La non-participation de ces États affecterait non seulement l’espace de liberté, de 
sécurité et de justice, mas aussi le fonctionnement normal du marché intérieur 
dans le secteur du transport aérien. 
31  Pour garantir que tous les opérateurs soient sur un pied d’égalité, il est nécessaire 
que  l’ensemble  des compagnies établies dans l’Union bénéficient de conditions 
uniformes pour leurs vols vers le Canada. Il serait contraire aux objectifs de 
 
 


Demande d’avis présentée en vertu de l’article 218, paragraphe 11, TFUE – C-1/15 - 72 
l’article 3 TUE de favoriser l’émergence d’une situation dans laquelle les vols 
vers des pays tiers s’effectueraient prioritairement depuis un État membre concret 
au regard des facilités dont disposeraient les passagers du fait  du régime de 
transfert des données PNR. 
32  Aussi le Royaume d’Espagne considère-t-il que l’article 16 TFUE constituerait 
une base juridique appropriée pour l’adoption de normes concernant la collecte et 
le traitement de données personnelles par des entreprises, dans l’exercice de leur 
activité économique, en vue de leur transmission aux autorités d’un État tiers. 
Madrid, le 1er mars 2016, 
L’agent du Royaume d’Espagne